ALAMANE

ALAMANE

le processus créatif

1 - L’idée de base.

Comment nait-elle ? Quelle est la source et comment commence la vie d’un livre ?

Certains auteurs débutent toujours leur nouveau projet de la même façon. Certains par une idée, d’autres par un concept ou un personnage.

De mon côté, il ne semble pas y avoir de loi. Chaque roman a sa propre genèse et les raconter prendrait trop d’espace sur ce blog mais je vais vous en faire un très bref résumer. Cependant, il est indéniable que mes lectures en cours, les films et séries télévisuelles du moment et, désormais, mes propres ouvrages m’influencent grandement.

Ainsi, Varnie est-il né de la fusion des conquérants de Mars d’Edgard Rice Burrough, de l’histoire sans fin de Mickaël Ende et des mythologies grecques chères à mon enfance. Sacré mélange ! Viking prend sa source dans le Cobra de Terasawa et dans Varnie. Bah-lor est né de la volonté, après deux héros invincibles, d’avoir un personnage faible et incompétent. Alamane vient de Bah-lor, de la frustration de n’avoir pas pu raconter tout ce que je voulais sur cette merveilleuse forêt arvenne et de la demande d’une amie de lui rédiger un BL.

Vous remarquerez que chaque ouvrage et un amalgame de plusieurs sources connues et de beaucoup d’autres inconnues et/ou oubliées.

Un mot, une image, un concept, un haussement d’épaules devant la débilité d’un scénario sur une bonne idée, la volonté d’une fin précise… déclenche le dur processus créatif dans ma petite tête trop pleine d’histoires.

 

2 – L’élaboration de la trame.

Après cette petite étincelle, souvent il ne se passe rien de plus. Elle va se coller dans un coin et attend son heure. Elle guette patiemment que d’autres la rejoignent et c’est là que commence véritablement l’élaboration de la trame. Elles s’accumulent, s’amalgament, évoluent, se hiérarchisent et me gâchent la vie. C’est qu’elles mènent joyeuse sarabande dans mon esprit, m’empêchant de dormir parfois plusieurs semaines de suite avant de composer un tout cohérent. Les nuits sans sommeil se succèdent. Mon humeur s’assombrit. Déjà au naturel, je ne suis pas des plus avenantes ou sociale (on m’a souvent traitée d’ours ou de blaireau au terrier) mais lorsque je tombe de fatigue et que j’ai la tête ailleurs, dans un monde onirique envahissant qui réclame toute mon attention, mieux vaut éviter ma présence.

Les éléments ainsi créés peinent parfois à s’emboiter ruinant mon moral. Et quand ils trouvent leur place, ils cèdent la place à ceux qui cherchent encore la leur. Chacun cherche le pourquoi de son existence et ce à quoi il va bien pouvoir servir à par me pourrir la vie et l’humeur. Issus de sources lointaines et disparates, ils ne vont pas forcément ensemble, ce qui ne les empêchent pas de tenter l’amalgame.

Les personnages prennent vie. Ils font ce que bon leur simple et je ne suis que le spectateur de leurs déboires. La plupart du temps j’ignore où ils vont et quand je le sais, j’ignore comment ils vont y parvenir. Pour une situation donnée, plusieurs versions se déroulent, s’effacent et se chevauchent jusqu’à ce qu’une histoire cohérente et logique émerge.

 

3 – La création des personnages

Leur conception se fait au fur et à mesure de la création de la trame. Chacun à son histoire, son passé, sa famille et ses propres motivations mais la plupart du temps, ils ne sont pas rapportés car, même s’ils sont importants pour la définition du personnage, ils alourdissent la narration. Ils restent dans des notes disséminées un peu partout dans la trame ou sur des bouts de papier volant.

Leurs caractéristiques physiques s’improvisent en règle générale au moment de la rédaction, à moins que certaines ne soient capitales pour l’histoire (comme les cheveux noirs de Chaldaric).

Leur mentalité est capitale. Elle est posée dès l’apparition.

 

4 – La rédaction de la trame.

Voilà, tout le monde est en place, le début, la fin, le pourquoi du comment et le parce que ont trouvé réponse et la trame existe. Elle est là, en moi et, tel un alien particulièrement agressif, veut sortir.

À ce moment là nait une insupportable frénésie. Il faut écrire, écrire tout le temps, écrite sur n’importe quel support : cahier, bout de papier, post-it, pc… et cela jusqu’à ce que cette maudite bestiole soit entièrement sortie. C’est encore une période particulièrement pénible car à la fatigue accumulée et aux insomnies s’ajoute l’inconfort physique engendré par les crampes et le mal de dos.

Certaines scènes sont déjà complètes. Je les ai rêvées, n’hésitant pas me lever au milieu de la nuit pour griffonner sur le bloc toujours disponible dans ma table de chevet.

 

5 – L’accalmie.

Enfin vient le soulagement.

La trame s’achève. L’esprit se vide. Le rythme de sommeil se rétablit peu à peu.

La trame n’est pas homogène. Elle se constitue de scènes rédigées, de raccourcis, parfois de question car deux solutions se sont présentées et pour l’instant, je ne sais laquelle évincera sa rivale. Il y a encore des trous dans la rédaction, peu ou pas de descriptions. Mais le plus gros est là.

Une trame fait entre 10 et 30 pages. Celle d’Alamane en comptait 127 ou 137 pages… et pourtant j’ai longtemps cru qu’elle ne donnerait naissance qu’à un seul livre. Qui a dit naïve ?

Quand la trame est finie, neuf fois sur dix le livre atterrit, autrefois dans une caisse, aujourd’hui dans un fichier sur le pc. Il va dormir entre quelques semaines et plusieurs années avant d’entrer dans sa phase rédaction.

 

6 – Le monde.

Il se met en place de lui-même. Lors des rêves, lors de la conception de la trame, le monde apparait autour. Il se construit tout seul, libre de toute entrave. Jusqu’à présent, je ne l’ai jamais posé par écrit. Le simple fait de relire la trame lui permet de renaître dans ma mémoire. Il n’est pas figé et évolu.

Par contre j’ai très souvent une carte afin de repérer les lieux, les uns par rapport aux autres, histoire qu’un déplacement qui prend deux jours en page 10 n’en prennent pas 20 en fin de roman, même si les personnages sont fatigués.

 

7 – La chronologie.

Est très importante. Le respect du temps écoulé est d’une importance capitale. Heureusement que j’en crée une, soit au cours de la rédaction, soit dès la mise en place de la trame car je n’aurais jamais pu rédiger Alamane si je n’avais pas le fil directeur de Bah-lor.

 

8 – La rédaction.

Elle se déroule dans un chaos total. Selon le même processus que celui de l’élaboration de la trame, elle commence par de grosses cogitations nocturnes, des rêves jusqu’à ce que la scène me convienne. Je passe alors à l’écrire proprement dite. Les scènes arrivent dans le désordre. L’incipit et le final sont souvent les premiers rédigés puis je me balade au hasard de l’envie et de l’inspiration sur toute la longueur du récit.

Au final, il reste toujours une poignée de scènes qui refusent de venir et qui nécessitent des efforts de rédaction pure comme lorsque nous étions à l’école et que le sujet du devoir n’inspirait qu’une irrépressible envie de dormir.

À chaque fois qu’une scène est prête pour sa rédaction, j’en profite pour relire et corriger la suite. À chaque fois que je m’attèle avec plus ou moins de courage à la rédaction d’un passage qui résiste encore et toujours à la plume, je relis et corrige.

Au final certains passages sont revus des dizaines de fois alors que d’autres filent chez les bêtas après une ou deux relectures seulement.

Entre chaque intervention sur le texte, il s’écoule de quelques jours à plusieurs années, selon l’inspiration.

 

9 – Les limites.

Pour des raisons de finances lors de l’impression, je ne peux pas toujours me permettre de me laisser aller et il faut parfois savoir brider mon imagination afin de demeurer dans les limites du raisonnable. 150 pages A4 dactylographiées donneront au final 240 pages au format 155x240, le meilleur rapport quantité/prix.

Je dois donc parfois couper des scènes. Il faut alors traquer l’inutile. Voilà qui est bien frustrant car il y avait encore tant à dire. Tant de ces détails qui rendent les mondes plus réels et que j’aurais bien aimé narrer.

Jouissant d’une totale liberté dans mes écrits, à moi seule revient la décision de supprimer ou de m’étaler et de faire plusieurs tomes.

En règle générale, je raconte ce que je veux, comme je le désire puis, au moment de l’édition, je retravaille le livre pour l’impression, souvent dans le sens du moins.

 

10 – Les relectures.

Elles se font au fur et à mesure de la rédaction.

Puis, lorsque le mot FIN est apposé, j’effectue une lecture pure juste pour l’histoire et m’assurer qu’il ne reste pas la moindre incohérence, que tout est dit, voire répété selon son importance mais pas rabâché afin de ne pas lasser le lecteur.

Je laisse à nouveau reposer avant d’entreprendre les corrections.

 

11 – Les corrections.

Elles aussi se font au fur et à mesure de la rédaction puis encore une ou deux fois après le dernier paragraphe rédigé.

Entre chaque passage sur le texte, il s’écoule à nouveau une semaine à plusieurs années. Plus pour une histoire d’inspiration mais pour avoir un œil neuf à chaque fois que j’ouvre le fichier.

 

 

12 – Les bêtas.

Et puis un beau jour, le livre est fini. Les dernières lectures n’ont pas apporté de modification significative. Existe alors une énorme tentation de relire, encore une fois juste pour voir si… et puis peut-être qu’en changeant ça… ou en rajoutant… et puis cette phrase, si on…

Stop.

Il faut alors se secouer un peu et passer à l’étape suivante sinon ce n’est plus vingt ans que je passerai sur un livre mais ma vie entière. Trop perfectionniste, oui. Et malgré cela, il reste des fautes qui me hantent à chaque fois qu’un lecteur me fait la réflexion et m’empêche de dormir plusieurs jours.

Trop peu sûre de moi, encore plus.

Quand j’ai commencé, nul lecteur pour me pousser alors j’ai repoussé, repoussé et le livre écrit en 1995 est paru en 2005. Quand Élisabeth parle de vingt ans, ce n’est qu’à moitié une blague et en voici la preuve.

Il est temps de passer la main aux bêta-lecteurs.

J’en ai testé tout un assortiment :

Celui qui ne sert à rien, corrige deux s oubliés et s’extasie sur le bouquin. Merci d’être venu et au plaisir de ne pas vous revoir.

Celui qui traîne. Le retardataire met six mois à un an à lire 150 pages A4… et quand ses commentaires arrivent, le livre est parti chez quelqu’un d’un peu plus motivé, voire déjà édité. Oups, celui-là, j’avais même oublié qu’il existait.

Celui qui a mieux à faire : « Oui, je me suis engagé à le lire mais là tu vois, je dois… » Mais alors pourquoi a-t-il réclamé cinq ou six fois à donner un coup de main. Sans blague ! Pour lire à l’œil ?

Celui qui rajoute des fautes. Genre puisqu’il y a quatre arbres alors il faut un s et hop : quatres arbres… Mais bien sûr.

 

13 – Les correcteurs.

J’en ai deux.

Un amateur éclairé, gratuit et un professionnel. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été satisfaite de leur prestation puisque systématiquement j’ai des retours des lecteurs comme quoi, il reste des fautes. J’en change donc à chaque livre tout en sachant que la perfection n’est pas de ce monde.

 

14 – La nouvelle méthode.

… que j’ai voulu mettre en place pour Forteresse.

Sous la pression des lecteurs pressés et afin de ne pas les lasser par une trop longue attente, j’ai voulu chercher une méthode de travail différente, plus rapide. Jusqu’à présent l’ouvrage qui avait été rédigé le plus « rapidement » était Rampolis avec seulement cinq ans (environs) de travail, entre le premier mot et l’envoi aux bêtas. Quand il est sorti, Forteresse en était environs aux trois quarts de sa rédaction. Je l’ai achevé en le privilégiant avec Magie, au détriment de tous les autres projets. Je me suis astreinte à un travail régulier et non chaotique, à l’envie et à l’intuition.

Le dernier passage rédigé, je n’ai fait qu’une seule petite relecture avant de transmettre aux bêtas. Je comptais sur eux pour me faire les relectures, valider les paragraphes sans problème, suggérer les modifications éventuelles et repérer les faiblesses que je n’ai pas eu le temps de voir. J’espérais ainsi m’épargner quelques années de révisions.

Résultat : une catastrophe !

Aucun paragraphe validé. Pas même le résumé du début qui n’est pourtant guère plus qu’un copier/coller de celui du tome deux avec l’ajout des derniers évènements.

Conséquences : dramatiques. Une chute vertigineuse du moral et plus de tout envie d’écrire même le projet sur lequel je travaillais en attendant les retours. Depuis quatre semaines, je n’ai pas écris une seule ligne.

Je joue. Je lis. Et je mets mon blog à jour.

À l’intention des alarmistes : ceci ne signifie absolument pas l’abandon de l’ouvrage. Je fais une pause. Je reprendrai plus tard et selon l’ancienne méthode. Tant pis pour les trop pressés, je vais prendre mon temps, revenir aux méthodes qui me conviennent.

Conclusion : n’espérez pas Forteresse pour 2013.

 

15 – Petit état des lieux des projets en cours.

Juste les titres évocateurs (pour moi du moins) quoique sans doute provisoires.

Livre 2

Enfances

Cyméria

Trir

Magie

Vieille Église

Jacq ou Sous le Smog

Traqueur

Vampire

Orphelin

Tournois

Seconde génération

Suadden

Jumeaux

Kérian

Verix

Aymrec

Conlaihn

Évanius



09/03/2013
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